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PAROISSE SAINT BASLE
DE LA PLAINE
LA LITURGIE

 

Voir aussi ci-après : Les chants de la messe            Lire la Parole de Dieu


Cette page n'a pas la prétention de faire comprendre tout le sens théologique de la liturgie de la messe.
On se réfèrera pour ce faire à l'ouvrage de Michel Wackenheim "Guide pour célébrer la messe" dont elle ne donne que des passages.
Elle propose avant tout des clés pratiques pour célébrer la messe selon la Présentation générale du Missel romain (PGMR).

 

La célébration de l'eucharistie

Extrait du "Guide pour célébrer la messe" de Michel Wackeinheim)

OUVERTURE DE LA CELEBRATION

On n'entre pas en liturgie comme dans un moulin. De même qu'un opéra a son "ouverture" qui dispose les mélomanes à devenir un auditoire et à s'ouvrir aux récitatifs, aux airs et aux chœurs à venir, de même la messe s'ouvre par des rites bien précis, qui ont une double visée :

Permettre aux fidèles de réaliser une communion
Ces hommes, ces femmes, ces enfants qui viennent des quatre horizons et que séparent des barrières sociales et culturelles, voilà qu'un même Seigneur et une même foi les appellent à se constituer en un seul corps : le corps du Christ. La liturgie les prend d'où ils viennent et comme ils sont, avec leurs qualités et leurs défauts, et lance à chacune et à chacun d'eux cette invitation inouïe : "Viens, laisse tes tracas et tes fatigues, ne pense plus à ton compte en banque, nous allons vers le Tout-Puissant, le Tout-Autre, nous allons faire corps avec Lui !"

Préparer les fidèles à se rassasier aux deux tables dressées par l'eucharistie
La messe comporte comme deux parties : la liturgie de la Parole et la liturgie eucharistique; mais elles sont si étroitement liées qu'elles forment un seul acte de culte. En effet, la messe dresse la table aussi bien de la parole de Dieu que du Corps du Christ, où les fidèles sont instruits et restaurés.
(Présentation générale du Missel Romain (PGMR)

Deux tables : l'une instruit, l'autre restaure. Cette entrée en communion et ce désir des deux tables, divers rites vont les susciter :
- D'abord deux rites fondamentaux, qui structurent l'ensemble de l'ouverture de la célébration : au début, la salutation du président et la réponse du peuple; en conclusion, la prière d'ouverture.
- Puis, autour de ces deux pôles, des rites dont la présence et le visage pourront varier selon les cas : le chant et la procession d'entrée; l'acte pénitentiel; l'hymne du Gloire à Dieu.

Chant d'ouverture (voir "Les chants de la messe")

Le prêtre et les ministres - dont la marche aura été ni pompeuse, ni désinvolte, mais digne et recueillie - parviennent au chœur. Là, le prêtre est invité à un double salut : à l'autel et à l'assemblée.

La salutation à l'autel
Prêtre et ministres saluent l'autel, c'est-à-dire font devant lui une inclination profonde ; puis le prêtre et le diacre le vénèrent par un baiser ; et le prêtre peut encore l'encenser en en faisant le tour. Ces multiples signes de respect disent combien grand est le mystère de l'autel érigé dans le chœur de l'église : c'est la table du Cénacle et d'Emmaüs ; c'est sur cette table que seront déposés le pain et le vin qui deviendront le corps et le sang du Christ ; c'est de cette table que s'approcheront les invités au repas du Seigneur ; plus encore, c'est autour de cette table et de son pain que se noue la communion du peuple de Dieu : puisque sur cette table il y a un seul pain.

La salutation au peuple rassemblé
Après la salutation à l'autel vient une autre salutation, celle que le prêtre adresse à l'assemblée des fidèles.
Lorsque le chant d'entrée est fini, le prêtre, debout à son siège, fait le signe de la croix avec toute l'assemblée. Ensuite, en saluant la communauté rassemblée, il lui signifie la présence du Seigneur. Cette salutation et la réponse du peuple manifestent le mystère de l'Église rassemblée.
Avant de saluer l'assemblée, le prêtre et les fidèles, debout, se signent, tandis que le prêtre dit : Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen." Chaque fois que commence une liturgie, les croyants, en traçant sur eux le signe de la croix, font mémoire du. jour où ils ont été baptisés " au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit " : c'est à ce Dieu-Trinité révélé par Jésus qu'us sont attachés ; c'est en son nom qu'ils sont rassemblés ; c'est vers lui que monte leur acclamation. En traçant sur eux le signe de la croix, les fidèles font aussi mémoire de la croix qui sauve. Le prêtre, et c'est souhaitable, peut donc faire le signe de la croix et en prononcer les paroles, sans le secours d'un micro, en se plaçant devant la croix et en levant les yeux vers le Sauveur du monde.
Le Missel d'autel indique que "le prêtre salue le peuple en utilisant, par exemple, l'une des trois formules suivantes" (ce qui veut dire qu'il peut en utiliser d'autres) :
a) La grâce de Jésus notre Seigneur, l'amour de Dieu le Père et la communion de l'Esprit Saint, soient toujours avec vous.
      L'assemblée répond : Et avec votre esprit.
b) Le Seigneur soit avec vous.
      Et avec votre esprit.
c) Que Dieu notre Père et Jésus Christ notre Seigneur vous donnent la grâce et la paix.
      Béni soit Dieu, maintenant et toujours !

Le mot d'introduction
Le prêtre (ou un autre ministre qui en soit capable) peut faire ensuite une intervention personnelle qu'il aura composée ou, mieux, qu'il improvisera.
Cette monition ne sera pas une préparation aux lectures - chaque chose en son temps - ni un prélude à l'homélie sous la forme d'un mini-sermon, mais une introduction "à la messe du jour". Elle pourra se référer à telle phrase du chant d'entrée ou à tel événement de la semaine écoulée.
Ce n'est donc pas forcément le prêtre qui dit le mot d'accueil. Si c'est au diacre ou à un ministre laïc que la monition est confiée, le prêtre, parce qu'il est le président, y ajoutera une parole brève qui débouchera sur l'invitation à la préparation pénitentielle.
Après le mot d'accueil, qui reste facultatif, le prêtre invite à un acte liturgique qui n'est pas un "rite" à lui seul, mais une préparation : cet acte prend place dans un ensemble plus important qui, lui, est un rite, le "rite d'ouverture".

L'acte pénitentiel
L'acte pénitentiel comprend trois temps :
l'invitation à la pénitence faite par le prêtre, l'acte pénitentiel fait par toute l'assemblée, la prière pour le pardon faite par le prêtre.

1-L'invitation à la pénitence faite par le prêtre
"Préparons-nous à la célébration de l'Eucharistie en reconnaissant que nous sommes pécheurs."
L'invitation du prêtre est on ne peut plus claire. Il s'agit de se préparer à l'eucharistie, c'est-à-dire à la louange et à l'action de grâce : on ne saurait s'approcher du Très-Haut sans franchir un seuil, sans ôter ses sandales. Et la meilleure préparation, c'est de nous reconnaître pécheurs : non pas en nous tournant vers nous-mêmes pour un examen de conscience, mais en nous tournant vers le Dieu de miséricorde et en le regardant.

2-L'acte pénitentiel fait par toute l'assemblée
Le Missel propose quatre formes d'acte pénitentiel au choix :

Le "Je confesse à Dieu"
Confessant et reconnaissant notre péché, nous demandons la prière de toute l'Eglise.
D'abord on confesse et on reconnaît que l'on a péché, mais sans se regarder soi-même, sans introspection : le péché, on le confesse devant Dieu et on le reconnaît devant les frères. Chaque fidèle - et le prêtre en est un - se fait pauvre devant Dieu : en confessant qu'il est pécheur, il confesse sa foi au Dieu qui remet debout. Puis, après s'être frappé la poitrine, le fidèle demande sur lui la prière de toute l'Eglise, celle du ciel et celle de la terre.
Les invocations psalmiques
Conscients d'avoir péché contre Dieu, nous espérons son amour en Jésus Christ.
Seigneur, accorde-nous ton pardon.
Nous avons péché contre toi.
Montre-nous ta miséricorde.
Et nous serons sauvés.

Comme dans le "Je confesse à Dieu", on reconnaît que l'on a péché, mais en contemplant le Dieu très bon qui est pardon et miséricorde. Chaque verset et sa réponse font dialoguer le prêtre et le peuple. Dialogue très sobre, qui pourra aussi être cantillé.
Les invocations adressées au Christ
Pleins de confiance envers Jésus Christ le Seigneur, nous en appelons à sa miséricorde.
Seigneur Jésus, envoyé par le Père pour guérir et sauver les hommes, prends pitié de nous.
   Prends pitié de nous.
O Christ, venu dans le monde appeler tous les pécheurs, prends pitié de nous.
   Prends pitié de nous.
Seigneur, élevé dans la gloire du Père où tu intercèdes pour nous, prends pitié de nous.
   Prends pitié de nous.

Chacune des propositions est faite de trois invocations qui s'adressent au Christ (il ne s'agit aucunement d'une prière aux trois personnes de la Trinité). Et ces trois invocations tournent les fidèles vers l'envoyé du Père.
On a donc tort de rédiger des invocations du type : "Parce que nous avons fait ceci ou cela..." ou encore : "Nous qui ne savons pas respecter ceci ou cela...". Comme dans les formes 1 et 2, l'Eglise ne nous invite pas à nous examiner pour avouer nos fautes, mais au contraire à nous détacher de nous-mêmes pour porter notre regard sur le Christ, lui qui est venu "pour guérir et sauver tous les hommes". Et c'est ce regard confiant et aimant qui suscite notre cri : "Prends pitié de nous". Voilà pourquoi celui qui dit ou chante les invocations invitera d'autant plus à contempler le Christ qu'il sera lui-même tourné vers la croix plutôt que vers les fidèles.
L'aspersion d'eau bénite
Elle rappelle l'eau baptismale qui nous a donné accès à l'Eucharistie. Quelque peu négligée, la quatrième forme de préparation pénitentielle prend appui sur le rite baptismal de l'eau. Particulièrement indiquée au temps pascal, l'aspersion d'eau bénite peut se faire à toutes les messes dominicales, même à celles qui sont célébrées dès le samedi soir. Tourné vers les fidèles, le prêtre invite à prier puis, après un silence, il prononce une des prières de bénédiction de l'eau. Il asperge alors l'assemblée et l'on chante un chant d'aspersion.

3-La prière pour le pardon faite par le prêtre
Après les 3 premières formules, le prêtre dit : Que Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde; qu'il nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle. Amen.
La conclusion dite par le prêtre utilise le "nous" et non pas le "vous". Elle n'est donc pas à confondre avec l'absolution que donne le prêtre dans le sacrement de pénitence et de réconciliation. Pourtant, c'est bien le pardon du Seigneur qui est offert à chaque fidèle pour les péchés dits "véniels".
Après l'aspersion, revenu au siège, le prêtre prononce la prière pour le pardon propre à l'aspersion d'eau bénite : Que Dieu tout-puissant nous purifie de nos péchés et, bar la célébration de cette eucharistie, nous rende dignes de participer un jour au festin de son Royaume. Amen.

Le Kyrie Eleison
Sauf après la 3e (les invocations adressées au Christ) et la 4e (l'aspersion d'eau bénite) forme de préparation pénitentielle, on chante (ou l'on dit) le Kyrie une fois que le prêtre a prononcé la prière pour le pardon.
   Kyrie, eleison. / Seigneur, prends pitié.
      Kyrie, eleison. / Seigneur, prends pitié.
   Christe, eleison. / 0 Christ, prends pitié.
      Christe, eleison. / 0 Christ, prends pitié.
   Kyrie, eleison. / Seigneur, prends pitié.
      Kyrie, eleison. / Seigneur, prends pitié.

Chanté après la préparation pénitentielle
La PGMR dit que c'est un chant par lequel les fidèles acclament le Seigneur (Kyrie ; du grec Kyrios, Seigneur) et implorent sa miséricorde (eleison : du grec eleein, avoir pitié). Acclamer et implorer à la fois, est-ce possible ?
Oui, parce que Celui vers lequel on se tourne est le Christ à la fois glorieux et miséricordieux dont la croix de procession montre à tous le beau visage.

Chanté pendant la préparation pénitentielle
Quand le Kyrie est chanté pendant la préparation pénitentielle, c'est-à-dire lorsqu'on a choisi la 3e forme de préparation pénitentielle (les invocations adressées au Christ), chaque acclamation est précédée d'un "trope", c'est-à-dire d'une invocation.
Sur les modèles proposés par le Missel ("Seigneur Jésus, envoyé par le Père..."), pourquoi ne pas cantiller de temps à autre, sous la forme de la litanie, des invocations plus brèves et plus nombreuses ?
Un exemple :

Fils bien-aimé du Père,
   prends pitié de nous (Kyrie, eleison).
Messager du Père...
Tendresse du Père...
Parole du Père...
Visage, du Père...
Pardon du Père...
Chemin vers le Père...

Le Gloria in Excelsis
Après la préparation pénitentielle, n'a-t-on pas une forte envie de rendre grâce avant même la grande action de grâce à venir ?
Quel bonheur de chanter ici l'une des plus belles hymnes de la tradition de l'Eglise et, pour la première fois depuis l'entrée en célébration, de témoigner de notre vocation sacerdotale ;
"Vous êtes la race choisie, le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu ; vous êtes donc chargés d'annoncer les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière" (1 P -3, 9) !
Introduit à Rome, au VIe siècle, dans la messe de Noël, le Gloria sera chanté par la suite à d'autres fêtes et, enfin, à tous les dimanches, hormis ceux de l'Avent et du Carême.
Clairement trinitaire, le Gloire à Dieu célèbre tour à tour le "Seigneur Dieu, Roi du ciel, Dieu le Père tout-puissant", le "Seigneur, Fils unique, Jésus Christ, Agneau de Dieu, le Fils du Père", "avec le Saint-Esprit dans la gloire de Dieu le Père".

(Voir "Les chants de la messe")

La prière d'ouverture
La liturgie n'est pas le royaume du n'importe quoi. Elle est exigeante. Un exemple : la prière d'ouverture. Voici une prière qui est courte et qui pourtant est parfaitement codifiée. Entre l'assemblée, le prêtre et Dieu s'établit un rapport bien précis et ce rapport dit quelque chose d'important de la prière en Eglise.

1) Les quatre éléments de la prière couverture
La PGMR indique que la prière d'ouverture comprend quatre éléments : une invitation par le prêtre, une prière silencieuse de tous, la Collecte prononcée par le prêtre, un Amen par l'assemblée.

L'invitation
Formulée à la première personne du pluriel, l'invitation s'adresse à l'assemblée : Prions ensemble, ou : Prions, ou : Prions le Seigneur. La prière en Eglise est une prière en dialogue. Dans la liturgie romaine, l'invitation est confiée au prêtre ; en Orient, elle est lancée par le diacre. Dans les deux cas est signifiée la nature dialogale de l'acte de prière.

La prière silencieuse
Ce silence n'est pas facultatif. Il est même vital, car si les fidèles, dans le secret de leur cœur, ne peuvent pas confier au Seigneur leurs doutes et leurs espoirs, leurs inquiétudes et leurs bonheurs, que pourra bien rassembler le prêtre dans la Collecte ?

La Collecte
Au début de la messe, le prêtre, par la salutation, s'adressait au peuple rassemblé et disait qu'il est le peuple au milieu duquel se tient le Seigneur. Au terme de l'ouverture de la célébration, porte-parole du peuple, le prêtre s'adresse au Père, par son Fils, dans l'Esprit, et lui présente en une seule prière les prières multiples des croyants. Ce faisant, lui qui préside l'assemblée au nom. du Christ, il oriente le cœur des fidèles et leur enseigne à "prier comme il faut " (Rm 8, 26) : est chrétienne la prière qui monte vers le Père, par le Fils, dans l'Esprit. L'importance du caractère trinitaire de la Collecte est soulignée par la PGMR, qui précise comment doit se terminer la prière d'ouverture.
La prière silencieuse et la Collecte, une prière intime, une prière publique, sont toutes deux indispensables à la célébration chrétienne :
prier personnellement pour que soit riche la prière communautaire ;
prier tous ensemble pour que soit entendue la prière de chacune et de chacun.

L'Amen
Dans l'esprit de beaucoup de fidèles Amen a-t-il pour signification : "C'est fini"... Or, Amen veut dire le contraire. "Amen" est le mot par lequel Jésus aime à commencer les phrases qu'il veut importantes et décisives : "Amen, je vous le dis..., "Amen, je te le déclare :...". La racine hébraïque du mot Amen évoque la solidité, la fidélité. En disant - ou en chantant -Amen, l'assemblée acclame le Dieu fort et fidèle : oui, Dieu, tu réaliseras ce que nous venons de te demander.
Par leur Amen à la Collecte, les fidèles s'abandonnent à la tendresse de Dieu, de même que, par leur Amen à la prière eucharistique, ils donneront leur acquiescement à l'action de grâce du Fils au Père dans l'Esprit.

2) La mise en œuvre
Comme toute prière dite par le prêtre, la Collecte demande beaucoup de soin dans sa mise en œuvre :
Que de Collectes dites mécaniquement, sans que soient respectées les indispensables respirations entre les phrases grâce auxquelles le peuple reconnaît sa propre prière dans la prière du prêtre ! On peut cantiller la Collecte ; si elle est parlée, que le prêtre la dise comme s'il la cantillait, en ménageant de larges pauses tout au long du texte. L'Esprit aime s'engouffrer dans ces interstices où rien ne se prononce et où il a tout à dire.

Il est intéressant de remarquer que les Collectes ne sont jamais en lien direct avec les textes de l'Ecriture qui vont être proclamés.
La raison en est simple : elles sont le point culminant de l'ouverture de la célébration.
Or le but de cette ouverture est de faire en sorte que les fidèles venus des quatre coins de l'horizon forment un seul Corps, le Corps du Christ.

LITURGIE DE LA PAROLE

La liturgie de la Parole doit se célébrer de manière à favoriser la méditation, c'est-à-dire en évitant toute forme de précipitation qui empêche le recueillement. Il est même bon qu'elle comprenne quelques brefs moments de silence, adaptés à l'assemblée réunie : par ce moyen, avec l'aide de l'Esprit Saint, la parole de Dieu est accueillie dans le cœur et la réponse de chacun se prépare dans la prière. Ces moments de silence peuvent être observés opportunément, par exemple avant de commencer la liturgie de la Parole, après la première et la seconde lecture, et enfin après l'homélie. (PGMR 56)

Un des acquis les plus marquants de la réforme liturgique de Vatican II est que la Parole de Dieu soit lue dans la langue des fidèles et que, chaque dimanche et fête, soient proclamées trois lectures selon un cycle de trois années (A, B et C).
Durant le temps pascal, ces trois lectures sont toujours extraites du Nouveau Testament ; à toutes les autres messes de l'année, la première lecture est prise dans l'Ancien Testament, la deuxième dans les écrits apostoliques, la troisième - la Bonne Nouvelle - dans les quatre évangiles.
La liturgie suit un itinéraire qui lui est propre :
d'abord celui de la première Alliance qui aboutit à Jésus le Christ (lère lecture);
puis celui de la Nouvelle Alliance, qui commence avec les deux ou trois générations de l'Eglise du 1er s. (2e lecture).
A travers l'épaisseur de l'histoire qui le précède et qui le suit, c'est vers le Christ, Verbe fait chair, que conduit la liturgie de la Parole. En les plongeant dans la trame de l'histoire de l'Alliance entre Dieu et son peuple, la liturgie de la Parole nous fait comprendre que Dieu se révèle dans un long et patient dialogue avec ses enfants. Car il ne peut y avoir d'alliance que proposée.

La première lecture
Tirée de l'Ancien Testament, la première lecture témoigne de la longue et parfois difficile maturation de l'homme qui, de génération en génération, apprend à accueillir le dessein du Dieu éternel sur lui et sur l'univers.
Aventure mouvementée, où le cœur de l'homme est mis à nu : cœur généreux, cœur pécheur. Aventure dans laquelle le croyant d'aujourd'hui peut lire son propre cheminement vers l'envoyé du Père.

Pour que soit marquée la fin de la première lecture (comme d'ailleurs la fin de la deuxième), la PGMR demande au lecteur de dire une acclamation à laquelle répond l'assemblée :

Parole du Seigneur
   Nous rendons grâce à Dieu
Pourquoi ces deux acclamations ? Tout simplement pour que les fidèles honorent la parole que Dieu vient de leur adresser :
Ces deux invitations à la louange, le lecteur les lancera en regardant l'assemblée de la même manière qu'il l'aura regardée lors de l'annonce : Lecture du livre...
En revanche, durant la lecture, il se souviendra qu'il proclame la Parole de Dieu : fixer l'assemblée à chaque fin de phrase convient pour la lecture d'un texte personnel ; proclamer une page de l'Ecriture exige de s'effacer devant Celui qui parle à l'intime de ses amis.

Le Psaume
Dans la première lecture étaient proclamées les merveilles que réalise Dieu pour son peuple ; le psaume est la réponse du peuple qui se réjouit de toutes ces merveilles du Très-Haut. La parole proclamée par le lecteur était la Parole de l'Alliance ; le psaume cantillé en réponse est le cantique de l'Alliance.
Mieux encore que la première lecture, il témoigne des avancées et des soubresauts de l'Alliance que Yahvé cherche à établir avec les enfants d'Israël.

1) Trois articulations possibles
Par rapport à l'ensemble des lectures, le psaume peut s'articuler de trois manières différentes.

- Habituellement, le psaume de la messe dominicale et son antienne font écho à la lecture du Premier Testament qui vient d'être proclamée.
- Parfois, l'antienne du psaume établit comme un pont entre l'Ancien Testament (1ère lecture) et le Nouveau Testament (Evangile), conduisant du coup à la lecture chrétienne du psaume.
- Parfois aussi, le Lectionnaire n'établit pas de lien bien précis entre le psaume et la première lecture. Le chrétien est alors invité à méditer le psaume pour lui-même et pour tout ce qu'il suggère du mystère de la mort ou de la résurrection de Jésus.

2) La mise en œuvre
Reste à savoir - point non négligeable - comment mettre en œuvre le psaume. Le tout n'est pas de le comprendre ; il s'agit encore de le cantiller, car il est un mizmor (en hébreu), un psalmos (en grec), c'est-à-dire un chant lyrique accompagné d'instruments à cordes, pincées comme la lyre.

Le psaume est chanté
Grâce au chant de l'antienne par l'assemblée et à la cantillation des strophes par le psalmiste, le psaume structure et nourrit non seulement l'intelligence des fidèles, mais tout leur être.
La PGMR est formelle : psaume et chant vont de pair. Deux cas de figure sont envisagés :
- Le psalmiste psalmodie les strophes du psaume et l'assemblée, après chaque strophe, lui répond par le refrain chanté.
- Le psaume est psalmodié par versets de bout en bout et sans refrain intercalaire par le psalmiste tout seul ou encore (à condition de psalmodier plus de versets que n'en offre le Lectionnaire) par alternance, soit entre le psalmiste et l'assemblée, soit entre un chœur A et un chœur B de l'assemblée.
Preuve de l'importance qu'elle accorde au chant du psaume, la PGMR précise qu'on n'est pas tenu de choisir le psaume prévu tel dimanche ou telle fête par le Lectionnaire et qu'on a la faculté de puiser dans un ensemble de refrains et de psaumes communs. Cette possibilité de recourir à un choix de refrains et de psaumes autres que ceux indiqués après la première lecture facilite grandement le chant du psaume là où ce chant paraît réservé à une élite.

Le psaume n'est pas chanté

Si le psaume ne peut pas être chanté, on le récitera de la manière la plus apte à favoriser la méditation de la parole de Dieu. (PGMR 56)
Le psaume doit toucher l'intelligence, la mémoire, le cœur du fidèle. Une autre manière de le mettre en œuvre est de le faire lire par une voix (entraînée, car l'exercice n'est pas aisé) et sans refrain.

La deuxième lecture
Alors que la première lecture nous faisait entrer dans la longue maturation du peuple de l'Ancienne Alliance qui, peu à peu, déchiffre le dessein de Dieu sur ses enfants et cherche à s'y conformer, la deuxième lecture nous fait communier à la prise de conscience du peuple de la Nouvelle Alliance qui, soudainement, se voit appelé à une existence nouvelle dans un monde où le Royaume est à la fois là et à venir.
Lecture toujours passionnante, car elle cherche à répondre aux questions et aux difficultés concrètes des croyants de l'Eglise primitive, questions dont la plupart demeurent les nôtres aujourd'hui.
Sauf durant les temps forts de l'année liturgique (Avent, Carême, jours de fête), la deuxième lecture s'inscrit dans la "lecture continue" d'un livre et n'a donc pratiquement aucun rapport avec les deux autres lectures. Généralement, elle est adressée à une communauté bien précise à laquelle l'apôtre (Paul, très souvent) fait ses recommandations. D'un dimanche à l'autre, comme dans un recueil de morceaux choisis, on suivra par exemple la lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens ou de la première lettre de saint Pierre Apôtre.

L'acclamation avant l'Evangile
Avant l'annonce des merveilles que fait pour lui son Dieu, le peuple rassemblé laisse éclater son bonheur :
"Louez Dieu", oui, louez-le car il est grand, et son Envoyé annonce une bonne, une extraordinaire nouvelle !
A l'instar du psaume, l'Alléluia et son verset sont faits pour être chantés.
Au seuil de la proclamation de l'Evangile, qui signifie l'événement central de l'histoire de l'Alliance entre Dieu et son peuple, non seulement on se lève, mais on lance un immense cri de joie : Alléluia ! Ce cri est un rite en lui-même : en chantant Alléluia (ou l'acclamation qui remplace l'Alléluia durant le Carême), le peuple accueille le Seigneur qui va s'adresser à lui, le salue, lui dit sa foi.
Avec Amen, Alléluia est un autre mot de la prière juive qui entre dans la prière chrétienne. En effet, le mot Alléluia est la francisation de l'hébreu Halelû-Yah, qui signifie Louez-Yah (=Yahvé).

L'Evangile
Voici venu le moment d'accueillir la Parole du Fils bien-aimé. D'abord, et pour la deuxième fois, retentit le souhait :
"Le Seigneur soit avec vous" (auquel l'assemblée répond "Et avec votre esprit"). Au début de la liturgie d'ouverture, il signifiait la présence du Christ dans le peuple rassemblé ; ici il signifie la présence du Christ dans la Parole proclamée.

1) Les marques de respect
La proclamation de l'Evangile constitue le sommet de la liturgie de la Parole. Il faut lui accorder la plus grande vénération. La liturgie elle-même nous l'enseigne puisqu'elle la distingue des autres lectures par des marques d'honneur spécifiques : soit de la part du ministre chargé de l'annoncer, qui s'y prépare par la bénédiction et la prière ; soit de la part des fidèles qui par leurs acclamations reconnaissent et professent que le Christ est présent et leur parle, et qui écoutent sa lecture debout ; soit par les signes de vénération adressés au Livre des Évangiles. (PGMR 60)

2) La lecture des évangiles
Les quatre témoignages sur Jésus le Christ s'appellent les "évangiles" et ont été répartis sur les trois années A, B, C :
Matthieu est l'évangéliste habituel de l'année A, Marc celui de l'année B, Luc celui de l'année C. Des passages de l'évangile de Jean sont lus chaque année, notamment pendant le temps pascal.

3) Le chant de la Parole
A cette Bonne Nouvelle, un chant - qu'on appelle "chant de la parole" - peut donner un prolongement lyrique qui s'adressera au cœur du croyant. Chanté après la proclamation de l'évangile, ou au fil de l'homélie, ou encore en conclusion à l'homélie, le chant de la Parole permet de savourer le Pain de la première table de l'eucharistie.


L'homélie
Après avoir chanté : "Louange à toi. Seigneur Jésus", l'assemblée s'assoit.
Ce qui vient à présent n'est ni une conférence ni un cours : une conférence est relativement longue, un cours est la leçon d'un professeur.
Ce n'est pas non plus un sermon : donner un sermon, c'est aborder n'importe quel sujet pourvu qu'il ait un caractère religieux.
Ce qui vient s'appelle une "homélie" (du grec homilia, qui signifie : un entretien en société) et doit être comme une conversation avec des familiers au cours de laquelle la Parole entendue pénètre plus avant dans le cœur des fidèles. Bien lire et écouter avec attention la Parole de Dieu, rien de plus indispensable.
Mais la liturgie veut faire en sorte que cette Parole proclamée vienne à la rencontre de la vie quotidienne des fidèles et y résonne comme la Parole du prophète de Nazareth qui, après avoir lu un passage d'Isaïe, enroule le livre et dit à l'assemblée ébahie : Cette parole de l'Ecriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit " (Lc 4, "2l). L'homélie, sans chercher à vouloir tout éclairer, part de la Parole de Dieu qui vient d'être proclamée et dit en quoi elle est vraiment une Bonne Nouvelle pour ceux qui l'ont écoutée.

La Profession de foi
Le Symbole, ou profession de foi, vise à ce que tout le peuple rassemblé réponde à la parole de Dieu annoncée dans les lectures de la sainte Ecriture et expliquée dans l'homélie, et, en professant la règle de la foi dans une formule approuvée pour l'usage liturgique, se rappelle et professe les grands mystères de la foi avant que ne commence leur célébration dans l'Eucharistie.
Le recours au mot "Symbole" pour désigner la profession de foi des Apôtres et celle de Nicée-Constantinople peut étonner. En effet, " symbole " et " symbolique " renvoient, dans le langage habituel, à quelque chose qui, tout en étant réel, n'a pas de valeur en soi : vendre une affaire pour l'euro symbolique, c'est reconnaître qu'elle n'avait pas plus de prix.

En liturgie, et en premier lieu pour la profession de foi de la messe, le mot " symbole " est à relier à son étymologie : symbolon, en grec, désigne une pièce (en terre cuite, par exemple) que deux familles ou deux cités qui s'unissent ont cassée pour en conserver chacune une moitié. Réunies, symbolisées (" jetées ensemble " ; sun = ensemble, balléin = jeter), les deux moitiés prouvaient la communion de ceux qui en étaient les propriétaires ; emboîtées à nouveau, les deux pièces d'identité manifestaient que les deux parties en présence étaient bien celles qui avaient conclu un combat ou fait une alliance. A l'origine, le symbole est donc la moitié d'un objet par laquelle son propriétaire reconnaît l'allié qui possède l'autre moitié. Le symbole est ce qui relie et réunit.

Alors, comment le Credo est-il un symbole ? Il l'est triplement :

Le Credo relie le " je crois " de chacun au " je crois " de tous : en disant le Credo, j'assemble ma foi de baptisé à la foi de l'assemblée.
Le Credo relie le " je crois " de l'assemblée locale au " je crois " de l'Eglise universelle : en disant le Credo, les fidèles ici réunis assemblent leur foi à la foi de fidèles du monde entier.
Le Credo relie le " je crois " de l'Eglise à Dieu Trinité : en disant le Credo, les fidèles des quatre continents assemblent leur foi à Celui qui, sans cesse, la leur donne.

1) Le symbole de Nicée-Constantinople
Attribué par le concile de Chalcédoine (451) aux Pères du concile de Nicée (325) et du concile de Constantinople (381), ce symbole, que l'Orient insère dans la messe dès le VIe s. réagit à des hérésies qui nient la divinité du Christ.
Le texte du symbole de Nicée-Constantinople n'est pas vraiment simple. Son côté polémique l'alourdit indiscutablement. Mais l'Eglise tient à ce que, par la profession, de foi, le peuple donne son assentiment à la Parole de Dieu qui vient d'être proclamée.
Et les mots de cet assentiment lui sont proposés par ceux qui, lorsque la théologie balbutiait encore, ont su définir la foi en Dieu Père, Fils et Esprit.
Habituellement, le symbole de Nicée-Constantinople est proclamé dans la langue du peuple.

2) Le symbole des Apôtres
Profession de foi vigoureuse, qui s'en tient à l'essentiel de la foi, le symbole des Apôtres fait partie, dès le Ve s., des rites préparatoires au baptême dans l'Eglise de Rome. Sa rédaction initiale est sans doute antérieure aux hérésies des IVe et Ve siècles relatives à la nature du Christ.
Ce texte comporte les trois articles de foi en Dieu Père, en Dieu Fils et en Dieu Esprit, avec un développement important consacré à Jésus Christ et allant de sa conception du Saint-Esprit jusqu'à son avènement glorieux au jour de la résurrection finale.

Le Credo de la messe dominicale est comme la " reddition du symbole " pour les baptisés faisant mémoire de leur baptême, chacun proclamant la foi de l'Eglise en disant : " je crois ".

La prière universelle
Dernier élément de la liturgie de la Parole, la prière universelle avait quitté la liturgie depuis de nombreux siècles et a été restaurée par Vatican II. On l'appelle aussi " prière des fidèles ", autrement dit des baptisés, parce qu'elle est confiée aux membres du corps du Christ : dans la prière des fidèles, dit la PCMR, le peuple exerce sa fonction sacerdotale.
Par le baptême, en effet, le chrétien devient membre du corps du Christ, ce qui signifie qu'il est incorporé au Christ et qu'il participe à son sacerdoce.

La rédaction des intentions
Même si le Missel en donne quelques exemples et si des formulations sont proposées dans les revues liturgiques, la prière des fidèles doit être rédigée par des membres de l'assemblée, de manière à ce que l'assemblée se fasse le porte-parole des attentes concrètes de tous les hommes.
Les intentions seront habituellement :
- Pour les besoins de l'Église.
- Pour les dirigeants des affaires publiques et le salut du monde entier.
- Pour ceux qui sont accablés par toutes sortes de difficultés.
- Pour la communauté locale.
Toutefois, dans une célébration particulière, comme une confirmation, un mariage ou des obsèques, l'ordre des intentions pourra s'appliquer plus exactement à cette occasion particulière.

Quelques règles
Pour rédiger correctement la prière des fidèles, quelques règles s'imposent, qui empêchent les dérives ;
    - On ne prie jamais pour des idées (la justice, la liberté, la solidarité), mais pour des hommes et des femmes de ce temps qui, par exemple, se battent pour une liberté plus grande dans leur pays ou pour retrouver une liberté qui leur a été ravie.
    - C'est le refrain qui est le vrai moment de la prière, et non l'intention (s'il est long, on peut le réserver au début et à la fin de la prière) :
        - Dieu très bon, écoute nos appels.
        - Fais venir ton règne au milieu de nous.
        - Donne-nous, Seigneur, ta force et tapaix.

    - Le recueillement de tous sera facilité si celui qui dit les intentions sait doser le silence tout au long de la prière : des interventions mécaniques et qui se bousculent découragent l'attention des fidèles.
    - Une intention n'a pas à être longue : plus elle sera brève et plus l'assemblée se l'appropriera ; des intentions plus longues, comme dans la liturgie de saint Jacques, demandent un grand soin dans leur rédaction.
    - La prière universelle n'est pas faite pour se plaindre auprès de Dieu des catastrophes survenues durant la semaine : loin d'être un journal télévisé sans les images, elle est un cri de confiance qui monte vers le Père par Celui qui " est en mesure de sauver d'une manière définitive ceux qui s'avancent vers Dieu grâce à lui, car il vit pour toujours, afin d'intercéder en leur faveur " (He 7, 25).

LITURGIE EUCHARISTIQUE


Tout est important dans la messe, mais celle-ci a un point culminant : la prière eucharistique, que dit le prêtre, représentant du Christ, tête de l'Eglise :
La prière eucharistique est dite par le prêtre seul, alors que la liturgie de la Parole faisait appel à de nombreux acteurs.
D'où une répartition des rôles qui, sournoisement, s'est imposée aux esprits :
    - la liturgie de la Parole est l'affaire des laïcs,
    - la liturgie eucharistique est l'affaire du prêtre.
Rien de plus faux.
La prière centrale de la messe est formulée en " nous ", et ce "nous" associe le prêtre et les fidèles : il désigne l'Eglise qui, tout entière, est le sujet de l'action de grâce.
La messe, et à fortiori son sommet, est l'œuvre de tout le peuple de Dieu.

La Préparation des dons
Le titre de ce premier temps de la liturgie eucharistique mérite qu'on s'y arrête. Naguère on parlait ici d' " offertoire " et le prêtre, en effet, après avoir " offert " les hosties et " offert " le calice, s'inclinait et disait : " Humbles et repentants, nous te demandons, Seigneur, de nous accueillir : que notre sacrifice s'accomplisse aujourd'hui devant toi de telle manière qu'il te soit agréable, Seigneur Dieu ". L' " offertoire " était déjà un. acte d'offrande.
Or l'offrande du Christ et celle des fidèles s'accomplissent dans la prière eucharistique : " Regarde, Seigneur, dit la prière eucharistique III, le sacrifice de ton Eglise, et daigne y reconnaître celui de ton Fils qui nous a rétablis dans ton Alliance ". Voilà pourquoi le concile Vatican II, dans le souci d'éviter toute confusion, a préféré au terme d' " offertoire " celui de " préparation des dons ".
Au moment d'entrer dans la liturgie eucharistique, on n'offre rien : on prend le pain et le vin et on les présente au Dieu de l'univers. C'est dans la prière eucharistique que nous les offrirons : " Nous t'offrons, Seigneur, dit la prière eucharistique II, le pain de la vie et la coupe du salut ".

1) La préparation de l'autel
La première table était l'ambon, d'où l'on proclamait la Parole de Dieu. La deuxième table est l'autel, que saluaient déjà le prêtre et les ministres lorsqu'ils parvenaient dans le chœur au terme de la procession d'ouverture. A l'autel se joueront les quatre actes de la liturgie eucharistique :
    - C'est lui qui accueille les dons (= la préparation des dons).
    - C'est sur lui que le pain et le vin deviendront le corps et le sang du Ressuscité (=la prière eucharistique).
    - C'est sur lui qu'est rompu le corps livré pour notre vie (= la fraction du pain).
    - C'est vers lui que s'avancent les invités au repas du Seigneur (= la communion).
Un autel qui, dès le début de la célébration, est encombré de toutes sortes d'objets (chandeliers, arrangement de fleurs, livres et feuilles le toutes sortes...) ne peut pas être "préparé". On ne peut mettre une table qui déjà est mise. Respect de l'autel, respect de la deuxième table de la messe.

2) L'apport des dons
Ce n'est pas par hasard que la liturgie recommande que le pain et le vin soient apportés par les fidèles.
Dès maintenant, l'assemblée entière est prise dans un grand mystère d'échange :
    - De Dieu, l'homme a reçu la terre, pour la cultiver.
    - A Dieu, l'homme apporte des dons, fruits de son travail.
    - De Dieu, l'homme recevra ces dons, devenus corps et sang du Fils.
Admirables prières que celles du prêtre, prières qui sont celles du kidoush par lequel, chaque sabbat, commence le repas religieux des Juifs et que Jésus, sans doute, a dites lors du repas du Jeudi saint : "Tu es béni, Dieu de l'univers..."

3) La goutte d'eau
En versant le vin et un peu d'eau dans le calice, le prêtre (ou le diacre) dit à voix basse une ancienne oraison de Noël :
"Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l'Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité."
Cette prière, aussi riche que brève, dit suffisamment la portée symbolique de la goutte d'eau versée dans la coupe : dans le mystère de l'Incarnation, le Tout-Puissant épouse l'humanité ; dans le mystère de l'eucharistie, l'homme épouse la divinité, lui qui n'est presque rien se noie dans l'immensité de Celui qui est tout.

4) La quête
Elle a son importance, bien sûr, mais plus importants encore sont le pain et le vin apportés par les fidèles. Or, il n'est pas rare de voir des fidèles ne s'avancer qu'avec les paniers de la quête, le pain et le vin étant cherchés par des enfants de chœur ou l'animateur lui-même sur une crédence proche de l'autel.

Pour le chant qui accompagne la procession des dons (Voir "Les chants de la messe"), la PGMR a gardé le nom d' " offertoire " (comme elle a gardé Kyrie, eleison Gloria in excelsis). Quoi de plus suggestif, notamment aux jours de fête, qu'une longue et belle procession des dons qui chemine lentement et que vient escorter le chant de l'assemblée ou une musique instrumentale ?

5) L'encensement
Balancer un encensoir d'avant en arrière, lui faire dessiner des cercles petits ou grands : l'encensement est une prière en acte. Notamment à des grandes fêtes ou à des occasions particulières, l'encensement est plus que recommandé : comme on dit, il "parle". Sa symbolique, en effet, est inépuisable :
    - Il dit la prière qui monte vers Dieu.
    - Il fait respirer le parfum de la présence mystérieuse du Seigneur à son peuple.
    - Il purifie l'espace de la célébration pour qu'en soit écartée l'odeur du mal.
Après les dons, la croix et l'autel lui-même, on peut encenser le prêtre mais aussi les fidèles. Signe très fort qui, mieux qu'un discours, rappellera à tous les baptisés - prêtre et laïcs - qu'ils s'apprêtent à exercer leur fonction sacerdotale en faisant monter vers le Père la grande action de grâce de l'Eglise.

6) Le lavement des mains
Le prêtre se lave les mains en disant à voix basse le verset 4 du psaume 50 : Lave-moi de mes fautes. Seigneur, purifie-moi de mon péché.

7) La prière sur les offrandes
Revenu au milieu de l'autel, le prêtre invite à la deuxième " oraison " de la messe ; celle sur les offrandes.
L'invitation que lance le prêtre à l'assemblée dit très exactement la portée de cette prière appelée jadis la " secrète " : ce n'est pas encore une prière d'offrande, mais déjà elle annonce le mystère qui va être célébré :
    Prions ensemble au moment d'offrir le sacrifice de toute l'Eglise.
A laquelle l'assemblée répond :
    Pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
A l'instant où va commencer la prière eucharistique, les dons déposés sur l'autel doivent déjà être perçus par les baptisés comme les signes de leur communion à la Pâque du Christ.

La Prière eucharistique    (Voir "Les chants de la messe")
C'est maintenant que commence ce qui est le centre et le sommet de toute la célébration : la Prière eucharistique, prière d'action de grâce et de sanctification. Le prêtre invite le peuple à élever les cœurs vers le Seigneur dans la prière et l'action de grâce, et il se l'associe dans la prière qu'il adresse à Dieu le Père par Jésus Christ dans l'Esprit Saint, au nom de toute la communauté. Le sens de cette prière est que toute l'assemblée des fidèles s'unisse au Christ dans la confession des hauts faits de Dieu et dans l'offrande du sacrifice.
La Prière eucharistique exige que tous l'écoutent avec respect et en silence.
On peut distinguer comme suit les principaux éléments qui forment la prière eucharistique. (PGMR 78/79)

1) L'action de grâce
(qui s'exprime surtout dans la préface)
Le prêtre, au nom de tout le peuple saint, glorifie Dieu le Père et lui rend grâce pour toute l'œuvre de salut ou pour un de ses aspects particuliers, selon la diversité des jours, des fêtes ou des temps. (PGMR 79a)
Le prêtre qui sait (et aime...) chanter saura donner à ce grand texte plein de lyrisme le lustre qu'il réclame. Et si le chant n'est pas son fort, il saura du moins le proclamer avec une certaine solennité, car la Préface, contrairement à ce qu'on pourrait croire, n'est pas un préambule quelque peu formel : déjà est proclamé avec éclat le mystère du salut en Jésus le Christ, l'envoyé du Père.

2) L'acclamation
Toute l'assemblée, s'unissant aux puissances d'en haut, chante le Sanctus. Cette acclamation, qui fait partie de la Prière eucharistique, est prononcée partout le peuple avec le prêtre. (PGMR 79b)
Le Sanctus est l'acclamation majeure de la prière eucharistique. Si l'assemblée, pour diverses raisons, ne devait chanter qu'un seul chant, ce devrait être celui-ci.

3) L'épiclèse
Le mot " épiclèse " signifie : invocation (klesis) sur (épi). Dans la terminologie liturgique, l'épiclèse est une invocation de l'Esprit Saint, un appel que lance l'assemblée au Père pour que l'Esprit Saint fasse son œuvre.
L'épiclèse: par des invocations particulières, l'Église implore la puissance de l'Esprit Saint, pour que les dons offerts par les hommes soient consacrés, c'est-à-dire deviennent le Corps et le Sang du Christ, et pour que la victime sans tache, qui sera reçue dans la communion, profite au salut de ceux qui vont y participer. (PGMR 79c)
Cette première épiclèse (car il y en aura une seconde après le chant de l'Anamnèse) appelle l'Esprit Saint sur le pain et le vin pour qu'ils deviennent le corps et le sang du Seigneur.

4) Le récit de l'Institution et la consécration
Identiques dans toutes les prières eucharistiques, le récit et les paroles de l'Institution de la Cène apparaissent, à première vue, comme une lecture semblable à celles de la liturgie de la Parole ; la prière s'interrompt, en effet, pour laisser la place à un récit, le récit fondateur de l'eucharistie.
Or, à la différence de l'Evangile notamment, ce récit - de même que l'épiclèse sur les dons qui l'a précédé - réalise ce qu'il proclame : le pain et le vin deviennent le Corps livré et le Sang versé.
Par ce récit fondateur inséré dans l'action de grâce, la liturgie signifie que l'action de grâce n'est pas d'abord celle de l'assemblée, mais celle du Christ, et qu'elle devient la nôtre parce que la tête de l'assemblée, le Christ, la greffe sur la sienne en se rendant présent parmi nous en son Corps et en son Sang.

5) L'anamnèse
Après le " tu " adressé au Père et le " il " du récit de l'Institution, voici le " tu " adressé au Fils : l'assemblée proclame la mort, célèbre la résurrection et attend la venue du Christ dans la gloire. On a le choix entre trois formules :

Il est grand le mystère de la foi :
    Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire.

Quand nous mangeons ce pain et buvons à cette coupe, nous célébrons le mystère de la foi :
    Nous rappelons ta mort, Seigneur ressuscité, et nous attendons que tu viennes.

Proclamons le mystère de la foi :
    Gloire à toi qui étais mort, gloire à toi qui es vivant, notre Sauveur et notre Dieu : Viens, Seigneur Jésus !

Que signifie ce mot " anamnèse " ? La PGMR, en quelques mots, aide à le comprendre : en accomplissant l'ordre reçu du Christ Seigneur par l'intermédiaire des Apôtres, l'Église fait mémoire du Christ lui-même, célébrant principalement le mémorial de sa Passion bienheureuse, de sa glorieuse Résurrection, et de son Ascension dans le ciel. (PGMR 79e)

6) L'offrande
Avec la prière qui vient maintenant, nous touchons au cœur du cœur de la messe :
La prière d'offrande
L'anamnèse que vient de chanter le peuple en s'adressant au Fils, le prêtre la reprend en s'adressant au Père et lui adjoint une prière d'offrande : dans cette offrande que nous lui présentons en action de grâce, que le Père reconnaisse l'offrande de la nouvelle Alliance en son Fils Jésus !
L'épiclèse sur l'assemblée
L'offrande totale de soi, le Christ demande à ceux qui l'aiment de l'accomplir à leur tour "Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande... Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres" (Jn 15, 14.17). C'est cette grâce d'être offrande nous aussi que demande ensuite le prêtre. Après la première épiclèse sur les dons, voici la seconde sur l'assemblée : nous présentons non seulement le corps et le sang de Celui qui "s'est offert lui-même à Dieu comme une victime sans tache" (He 9, 14), nous nous présentons nous-mêmes au Père et nous demandons que l'Esprit Saint, comme il l'a fait pour les dons, nous transforme nous aussi en offrande vivante et sainte à la gloire du Père.

7) Les intercessions
Intercéder encore ? L'assemblée n'a-t-elle pas fait monter vers Dieu une grande prière d'intercession au terme de la liturgie de la Parole ?
En fait, et malgré les apparences, il n'y a pas doublon. Dans la prière universelle, l'Eglise suppliait pour tous les hommes ; dans les intercessions de la prière eucharistique, elle supplie pour elle-même. La première prière tournait les esprits et les cœurs vers l'extérieur, ad extra ; la seconde les tourne vers l'intérieur, ad intra. Mais tout en priant pour elle-même, l'Eglise se souvient de ses enfants qui ont quitté cette terre dans l'espérance de la résurrection.

8) La doxologie finale
La prière eucharistique a commencé dans l'allégresse (le dialogue initial appelle la Préface qui elle-même appelle le Sanctus) et s'achève dans une ultime parole (en grec : logos) de louange (en grec : doxa) adressée à Dieu le Père, par le Fils, dans l'Esprit : la doxologie finale.
De même qu'au seuil de la prière eucharistique l'assemblée adhère à la louange en répondant : "C'est vrai ! Cela est juste et bon de proclamer les merveilles de Dieu ! ", de même, au terme de la prière, elle lance un cri final : "Amen ! Oui, vraiment, à notre Dieu tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles !"

La doxologie trinitaire est comme le point d'orgue de la grande et solennelle doxologie qu'est la prière eucharistique tout entière :
Par lui, avec lui.et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l'unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles. Amen.

Les rites de Communion
Dans la liturgie eucharistique, l'Eglise fait mémoire du dernier repas du Seigneur Jésus en refaisant ses quatre gestes :
   1. Prendre du pain et du vin, à la préparation des dons.
   2. Rendre grâce à Dieu, durant la prière eucharistique.
   3. Rompre le pain, à la fraction du pain.
   4. Donner le pain à manger et le corps à boire, à la Communion.
Ce sont ces deux derniers gestes qui constituent les rites de Communion.

Puisque la célébration eucharistique est le banquet pascal, il convient que, selon l'ordre du Seigneur, son Corps et son Sang soient reçus par les fidèles bien préparés comme une nourriture spirituelle. C'est à cela que tendent la fraction et les autres rites préparatoires par lesquels les fidèles sont immédiatement amenés à la Communion. (PGMR 80)
A chaque eucharistie le prêtre est tenu de communier au corps et au sang du Christ. Mais l'ordre du Christ : " Prenez, mangez... Buvez-en tous " (Mt 26, 26-27) s'adresse à tous les fidèles : que ceux qui se sont examinés eux-mêmes (l Co II, 28) s'avancent vers la table du repas et y communient à la chair et au sang du Christ pour devenir toujours davantage son Corps spirituel.

1) L'oraison dominicale   (Voir "Les chants de la messe")
"Notre Père..."
La plus belle de toutes les prières commence par " Notre ". Ce " notre ", habituellement, est perçu comme celui du prêtre et des fidèles. Or, il est bien plus que cela. Il est le " notre " de l'assemblée qui prie " par, avec et en " Jésus, le Fils. Durant la prière eucharistique, l'assemblée se faisait offrande avec le Fils j durant le Notre Père, elle se fait prière avec le Fils.
Par le Notre Père, les frères et sœurs qui vont recevoir le corps et le sang de leur Seigneur s'efforcent d'entrer (" se coulent ") dans sa prière en faisant leurs ses sentiments filiaux et en laissant l'Esprit chuchoter en eux les mots qui plairont au Père.

2) Le rite de la paix
Après la prière du Seigneur, c'est une prière au Seigneur que dit le prêtre au nom de l'assemblée. La communion est proche ; les fidèles tournent leur cœur vers Celui qu'ils vont recevoir en son corps et en son sang et partagent la paix qu'il offre à ses amis.
L'Eglise implore la paix et l'unité pour elle-même et toute la famille humaine, et les fidèles expriment leur communion dans l'Eglise ainsi que leur amour mutuel avant de communier au sacrement.
Après avoir demandé au Seigneur le don de sa paix, le prêtre la souhaite en son nom aux fidèles :
   Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous.
      Et avec votre esprit.
Ensuite, le prêtre ajoute,
   (Frères,) dans la charité du Christ, donnez-vous là paix.
Tous se manifestent la paix et la charité mutuelles selon les coutumes locales. Ces coutumes sont pour le moins variables et quelques remarques s'imposent :

- Il convient que chacun souhaite la paix... seulement à ceux qui l'entourent ". Ce "chacun" concerne aussi le prêtre.
Ici ou là, chacun a pu le vérifier, le rite de la paix donne lieu à un remue-ménage certes fort sympathique mais qui n'a plus rien à voir avec la symbolique du geste. C'est autour de moi d'abord, auprès de mes proches, que je suis appelé à faire naître la paix reçue du Seigneur.
- La paix que nous nous offrons n'est pas la nôtre, mais celle du Prince de la paix qui a dit : " Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ". Voilà pourquoi il n'est pas incongru, bien au contraire, de donner la paix à ce voisin que nous ne connaissons pas ou à cette voisine que nous ne connaissons que trop ou encore à cette personne que nous ne portons pas dans notre cœur ; ce n'est pas notre paix que nous donnons, c'est la paix du Seigneur, bien plus forte et plus durable que la nôtre !
- Il ne s'agit donc, en aucune matière, de se dire bonjour ou de sa taper sur l'épaule. Le geste de la paix engage à se laisser conduire par l'Esprit sur le chemin difficile et rocailleux de l'amour et du respect de tout homme.
- Signe de communion et de charité, le geste de paix peut être muet. Il peut aussi s'accompagner de paroles. Mais pas de n'importe quelles paroles. " Salut, vieux camarade ! " n'est ni une parole de communion ni une parole de charité.
- Le geste de la paix n'a pas à être amplifié par un chant de paix, si beau et si touchant soit-il. La liturgie invite l'assemblée à un geste, pas à un chant.

3) La fraction du pain
" Il le rompit... " L'Eglise fait mémoire du Christ qui, le soir du Jeudi saint, rompt le pain comme il va rompre son corps sur la croix.
Le geste de la fraction
Le prêtre rompt le pain eucharistique, aidé, le cas échéant, par le diacre ou un concélébrant. Le geste de la fraction, accompli par le Christ à la dernière Cène et qui a donné son nom à toute l'action eucharistique à l'âge apostolique, signifie que les multiples fidèles, dans la communion à l'unique pain de vie, qui est le Christ, mort et ressuscité pour le salut du monde, deviennent un seul Corps (1 Co 10,17). La fraction commence après le rite de la paix, et se fait avec le respect qui s'impose, en évitant de le prolonger sans nécessité ou de lui donner trop d'importance. Ce rite est réservé au prêtre et au diacre. (PGMR 83)
Le pain destiné à la célébration eucharistique doit être du pain de pur froment, de confection récente, et, selon la tradition ancienne de l'Église latine, du pain azyme. (PGMR 320)
L'immixtion
Quand le prêtre a fini de rompre le pain, il en met une parcelle dans le calice en disant à voix basse ;
   Que le corps et le sang de Jésus Christ, réunis dans cette coupe, nourrissent en nous la vie éternelle.
De ce geste de l'immixtion ou de la commixtion (du latin ; immiscere, mélanger ; commiscere, mêler dans) la PGMR ne donne pas d'explication. Ses origines et son sens font l'objet de discussions entre historiens de la liturgie.
L'Agnus Dei   (Voir "Les chants de la messe")
Le chant de l'Agneau de Dieu accompagne les gestes de la fraction du. pain et de l'immixtion.
Le prêtre rompt le pain et met dans le calice une parcelle de l'hostie pour signifier l'unité du Corps et du Sang du Seigneur dans l'œuvre du salut, c'est-à-dire le Corps du Christ Jésus vivant et glorieux. L'invocation Agnus Dei (Agneau de Dieu) est ordinairement chantée par la chorale ou le chantre, et le peuple y répond, ou bien elle est dite à haute voix. Cette invocation accompagne la fraction du pain et peut donc être répétée autant de fois qu'il est nécessaire jusqu'à ce que le rite soit achevé. La dernière fois, elle est conclue par les mots : Donne-nous la paix.

4) La communion
Lorsque le geste et le chant de la fraction sont achevés, le prêtre et les fidèles se recueillent :
Le prêtre, par une prière à voix basse, se prépare à recevoir avec fruit le Corps et le Sang du Christ. 1 Les fidèles font de même par une prière silencieuse. (PGMR 84)
L'invitation au banquet du Christ
Après avoir récité à voix basse l'une des deux prières de préparation à la Communion qui figurent dans le Missel, le prêtre fait une génuflexion (la troisième après les deux qu'il a faites durant le récit de l'Institution).
Puis le prêtre montre aux fidèles le pain eucharistique, au-dessus de la patène ou du calice, et les invite au banquet du Christ;
Suivent ces quelques phrases, alors qu'est venu le moment de recevoir en communion le pain et le vin de l'action de grâce, mais des phrases d'une grande richesse :
Tourné vers les fidèles, le prêtre dit :
   Heureux les invités au repas du Seigneur ! Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.
Puis, prêtre et fidèles ajoutent :
   Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir ; mais dis seulement une parole et je serai guéri.
Après avoir dit, avec les fidèles, l'acte de foi du centurion romain, le prêtre dit à voix basse ;
   Que le corps du Christ me garde pour la vie éternelle.
et il mange le corps du Christ. Puis, prenant le calice, il dit de la même manière :
   Que le sang du Christ me garde pour la vie éternelle.
et il boit le sang du Christ.
Après avoir communié, le prêtre s'approche des fidèles, montre à chacun le pain et dit :
   Le corps du Christ.
Le communiant répond : Amen et il communie.
S'il y a communion sous les espèces du pain et du vin, le prêtre présente à chacun le calice et dit :
   Le sang du Christ.
Le communiant répond : Amen et il communie.
Après l'Amen de la fin de la prière eucharistique, cet Amen en réponse au don du corps et du sang du Christ est une nouvelle et grande profession de foi.
La PGMR insiste sur deux points :
Il est très souhaitable que les fidèles, comme le prêtre est tenu de le faire lui-même, reçoivent le Corps du Seigneur avec des hosties consacrées au cours de cette même célébration et, dans les cas prévus, qu'ils participent au calice, afin que, par ces signes mêmes, la Communion apparaisse mieux comme la participation au sacrifice actuellement célébré. (PGMR 85)
Le chant de Communion   (Voir "Les chants de la messe")
Pendant que le prêtre consomme le Sacrement, on commence le chant de Communion pour exprimer par l'unité des voix l'union spirituelle entre les communiants, montrer la joie du cœur et mettre davantage en lumière le caractère " communautaire " de la procession qui conduit à la réception de l'Eucharistie.
Le chant se prolonge pendant que les fidèles communient. Mais il s'arrêtera au moment opportun s'il y a une hymne après la communion. On veillera à ce que les choristes aussi puissent communier commodément. (PGMR 86)
Le temps après la Communion
Après la Communion, on peut rester en silence ou chanter un chant d'action de grâce.
Lorsque la distribution de la Communion est achevée, le prêtre et les fidèles, si cela est opportun, prient en silence pendant un certain temps. Si on le décide ainsi, toute l'assemblée pourra aussi exécuter une hymne, un psaume, ou un autre chant de louange. (PGMR 88)
La prière après la Communion
Après la prière d'ouverture et la prière sur les offrandes, la prière après la Communion est la troisième et dernière oraison de la messe.
Pour achever la prière du peuple de Dieu et conclure tout le rite de Communion, le prêtre dit la prière après la communion, dans laquelle il demande les fruits du mystère célébré. A la messe, on dit une seule prière après la communion, qui se termine par la conclusion brève qui est :
- Si elle s'adresse au Père : Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.
- Si elle s'adresse au Père, mais avec mention du Fils à la fin : Lui qui règne pour les siècles des siècles.
- Si elle s'adresse au Fils: Toi qui règnes pour les siècles des siècles.
Le peuple fait sienne cette oraison par l'acclamation Amen. (PGMR 89)

RITES DE CONCLUSION


Cette dernière séquence de la messe se caractérise par sa brièveté. Elle n'en a pas moins une grande importance.
Relèvent des rites de conclusion :
- De brèves annonces, si elles sont nécessaires.
- La salutation et la bénédiction du prêtre qui, certains jours et à certaines occasions, est enrichie et développée par la prière sur l'assemblée ou une autre formule solennelle.
- L'envoi du peuple par le diacre ou le prêtre afin que chacun retourne à ses bonnes œuvres, en louant et bénissant le Seigneur.
- Le baiser de l'autel par le prêtre et le diacre, suivi de l'inclination profonde vers l'autel par le prêtre, le diacre et les autres ministres.
(PGMR 90)
Entre la prière après la communion et la salutation et la bénédiction du prêtre peuvent prendre place les annonces.
N'étant ni Parole de Dieu ni louange eucharistique, les annonces seront faites d'un autre lieu que l'ambon ou l'autel.
Et le prêtre se rappellera qu'il n'est pas seul en charge de la communauté : d'autres que lui ont des responsabilités et ont sans doute des informations à donner aux frères et sœurs réunis. C'est à ces détails-là aussi que se mesure, dans une célébration dominicale, la visibilité de l'Eglise.

La salutation et la bénédiction
1) La salutation
Avant chaque moment décisif de la messe, le prêtre a adressé aux fidèles le plus beau des souhaits :
Le Seigneur soit avec vous.
Et avec votre esprit.
Un souhait, qui, à chaque fois, s'est réalisé pour les fidèles et pour lui-même :
- dès l'ouverture le Seigneur se tient au milieu de son peuple rassemblé en son nom ;
- quand vient la proclamation de l'évangile, tout le monde se lève, car " c'est lui, le Christ, qui parle, tandis qu'on lit dans l'Eglise les saintes Ecritures " ;
- quand s'ouvre la liturgie eucharistique, tout le monde encore se lève, car " c'est lui, Jésus, le Christ, qui nous rassemble maintenant autour de cette table où nous apportons notre offrande " ;
- et à présent que la messe s'achève, le Seigneur dit à son peuple qu'il l'accompagnera sur les chemins de la vie.

2) La bénédiction
Au début de la messe, les fidèles se sont signés avec le prêtre qui disait la formule trinitaire : " Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ". A la fin de la messe, les fidèles se signent à nouveau, mais cette fois-ci, sur les lèvres du prêtre, la formule trinitaire devient bénédiction :
Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
Amen.
La bénédiction, dit la PGMR, peut "certains jours et à certaines occasions",
- être amplifiée par la prière sur l'assemblée.
- peut être " enrichie et développée par ... une autre formule solennelle ". Le Missel propose, en effet :
   - Des bénédictions solennelles pour toutes les grandes fêtes de l'année (elles figurent dans le formulaire de la messe de Noël, de l'Epiphanie, de Pâques...).
   - Et aussi des bénédictions solennelles pour les dimanches du Temps ordinaire, les fêtes du Sanctoral, les funérailles et les messes rituelles célébrées lors des sacrements de baptême, de confirmation, de mariage ou d'une profession religieuse.

L'envoi du peuple   (Voir "Les chants de la messe")
A l'ouverture de la célébration, la salutation du prêtre et la réponse du peuple peuvent être empruntés au chapitre 1, versets 2 et 3, de la seconde lettre aux Corinthiens :
   Que Dieu notre Père et Jésus Christ notre Seigneur vous donnent la grâce et la paix.
      Béni soit Dieu, maintenant et toujours !

Et si c'est l'évêque qui préside l'eucharistie, son premier salut aux fidèles n'est pas "Le Seigneur soit avec vous", mais : "La Paix soit avec vous".
C'est encore de la paix qu'il est question dans la formule par laquelle le prêtre prononce la dislocation de l'assemblée :
A présent, il s'agit pour les baptisés de rejoindre le monde et d'y vivre dans cette paix que le Christ leur a confiée :
   Allez dans la paix du Christ.
      Nous rendons grâce à Dieu.

Le don qu'a fait le Christ aux membres de son Corps n'est pas à enfouir dans le silence. Il doit les guider sur leur chemin quotidien :
le chrétien est un marcheur, un marcheur à l'étoile de la paix, celle qu'avaient vu se lever les mages venus d'Orient et qui les avait conduits vers l'humble demeure de Bethléem.
"Allez", cela veut dire ; "Ce que vous avez reçu, faites-en votre bien et offrez-le à vos frères."

Vous avez communié au Dieu de paix. Eh bien, maintenant, ce Dieu de paix faites-le découvrir à vos frères les hommes.



Les chants de la messe

(D'après le "Guide pour l'animateur de chants liturgiques" de Jean-Paul Lécot)

COMMENT PRÉPARER UN PROGRAMME ?

Etablir un programme de chants,
ce n'est pas chercher à "remplir" les 14 moments principaux de la Messe "où l'on peut chanter", mais signifier l'adhésion du peuple de Dieu à l'action célébrée;
ce n'est pas chercher à "faire plaisir" à telle ou telle catégorie de croyants (ou à "se faire plaisir"), mais célébrer le mystère pascal dans sa plénitude.

D'où il ressort quelques règles simples :
- Préserver un équilibre entre les différents modes de participation (parole, chant, musique, silence).
- Proposer des chants à la fois simples, nobles et signifiants.
- Savoir doser l'"habituel" et le "neuf" (la nouveauté peut permettre de briser la routine ou la banalité, mais n'est pas, en soi, le critère d'une célébration "réussie").
- Se souvenir que la mémorisation de l'assemblée a ses limites, notamment dans le domaine des textes.
- Respecter le moment de la célébration, ainsi que la fête ou le temps liturgique ("Tout n'est pas dans tout !").

La vérité des chants, des attitudes et des gestes peut "éduquer" l'assemblée, bien plus que des commentaires (parfois superfétatoires).

QUE CHANTER EN PRIORITÉ ?

La Présentation générale du Missel romain (PGMR) précise :
"Les dialogues entre le célébrant et l'assemblée des fidèles ainsi que les acclamations possèdent une grande valeur." (PGMR 14)
"Enfin, constituent un rite (...) ayant valeur en lui-même, l'hymne Gloria, le psaume responsorial, le Sanctus, l'acclamation d'anamnèse, le chant après la communion." (PGMR 17)
"Il ne sera pas toujours nécessaire de chanter tous les textes qui, par eux-mêmes, sont destinés à être chantés." (PGMR 19)

COMMENT DIRIGER LES CHANTS ?

Il est nécessaire et suffisant d'adopter une manière de diriger :
- claire et compréhensible (avec des signes précis pour les départs et les arrêts) ;
- sobre (sans grands "tournoiements" des bras, ni petits gestes saccadés accompagnant chaque syllabe du chant : les uns et les autres sont tout aussi inutiles !) Ce qui compte, c'est de faire saisir le "grand rythme". Ne pas chercher à diriger l'assemblée comme si c'était une chorale !
Penser à doubler un refrain quand il n'est pas connu. Éviter de le faire, par contre, s'il est très connu (sauf si la forme responsoriale l'exige).
Ne jamais faire signe à l'assemblée de démarrer quand le soliste doit entonner seul (par exemple : pour un chant qui commence par le couplet).
S'éloigner du micro quand l'assemblée chante les refrains.

 

Le chant d'ouverture

Le but du chant d'entrée est :
- d'ouvrir la célébration,
- de favoriser l'union des fidèles rassemblés,
- d'introduire leur esprit dans le mystère du temps liturgique ou de la fête (PGMR 25)

Donner de l'espace et du temps à ce chant : ne pas l'entonner quand le célébrant est déjà presque arrivé au siège de la présidence !
Perdre l'habitude de l'entonner "quand l'heure exacte sonne", mais au contraire : le faire démarrer un peu avant. (Par contre, le célébrant, lui, pourra faire son entrée à l'heure).
Il est bon de ménager une alternance et/ou une progression.
Faire alterner, par exemple, les différents intervenants qui constituent la chorale et même - pourquoi pas ? - l'assemblée ; solistes / groupes, voix de femmes (ou d'enfants} / voix d'hommes -, + instruments (progressivement).
Ce n'est pas le meilleur moment pour lancer un chant totalement nouveau. (Remarquer l'expression "favoriser l'union des fidèles" rassemblés utilisée plus haut)
Le "climat" de l'ensemble de la célébration dépend en partie de ce premier chant.

Le "Gloire à Dieu"

"Le Gloria in excelsis est une hymne ... chantée soit par l'assemblée des fidèles, soit par le peuple alternant avec la chorale, soit par celle-ci. (...)."
(PGMR 31)
"L'alternance entre le célébrant et l'assemblée est fortement déconseillée, le prêtre n'ayant à intervenir ici qu'au même titre que les autres fidèles." (IM 31)

- Hormis avec une assistance réduite, on évitera de dire le "Gloire à Dieu" : une hymne se satisfait assez mal d'une "récitation".
- Toujours s'agissant d'une hymne, la forme refrain/couplets est un pis-aller : le début du texte chanté ("Gloire à Dieu...") n'a pas, en soi, à être mis en valeur plus que le reste. Là où c'est possible (paroisses ou communautés constituées), on privilégiera la forme hymnique.
- On exclura d'office les "textes libres" (donnant à penser qu'il ne s'agit là que d'un cantique parmi d'autres). La seule exception admise, en France, par l'AELF, est le texte CNPL "Gloire à Dieu, paix aux hommes... " (F 156)

Le chant d'offertoire

Certains préconisent un chant de type processionnel. Si l'on opte pour cette solution, préférer un chant par la chorale.
L'orgue solo (ou, parfois, avec des instruments) pourra aussi jouer un rôle non négligeable, pour un climat de fête ou de détente après la liturgie de la Parole.

Le Sanctus

Le Sanctus, répondant à l'invitation de la préface (...nous chantons d'une seule voix...), doit jaillir (sans attendre) et favoriser l'unanimité. Il convient donc que la musique soit suffisamment connue de l'assemblée. Il n'est pas nécessaire d'en changer chaque dimanche, bien au contraire.
On pourra avantageusement programmer la même mélodie pendant tout un temps liturgique (un peu à l'image du "cycle" des saisons).
Il est tout-à-fait souhaitable, comme pour te Gloria, de ne pas "dire" le texte (sauf assemblée restreinte - et encore...) mais de le chanter.
Les paraphrases sont à éviter : on ne parle pas de la "sainteté de Dieu" comme d'une réalité banale.

L'anamnèse et les acclamations de la Prière eucharistique

L'acclamation d'anamnèse appartient au peuple et non au prêtre, Ce dernier peut l'introduire mais ce n'est pas une obligation (on n'en fera donc pas un absolu, au point que certains animateurs prétendant ta tort : " Je n'en suis pas chargé, c'est l'affaire du célébrant !''
Son contenu est important : doivent y figurer les évocations directes de la mort, de la résurrection, de l'ascension et / ou du retour du Christ.
L'anamnèse s'adresse au Christ et ne parle pas de lui (à la 3e personne).
D'autres invocations (sur les dons, sur rassemblée) et acclamations, moins habituelles chez nous que dans les Eglises d'Orient, sont tout-à-fait licites. Si on opte pour elles, on veillera à ménager de bons enchaînements.
Enfin, la doxologie est le sommet de la Prière eucharistique. Veiller à ce qu'elle ne se traduise pas par un "Amen" maigre voire inaudible.


Le "Notre-Père"

Moins qu'un chant, le "Notre Père" est surtout une prière - LA prière - et la prière de tous : il est bon que, précisément, tous puissent s'y associer.
- Si on le chante, la mélodie doit donc en être simple et connue. Il n'est pas recommandé de la changer souvent. Par contre, une mélodie différente que celle de Rimsky (par exemple celle de Dosasse) pourrait sans doute être davantage vulgarisée.
- Si l'on chante l'ensemble "Notre Père" / embolisme / doxologie, on veillera à un bon enchaînement notamment sui le plan des tonalités. Le rappeler au célébrant, afin que celui-ci ne change pas de ton.



L'"Agneau de Dieu"

On veillera à ne commencer l' "Agneau de Dieu" qu'au moment de la fraction du pain. Si le prêtre n'est pas prêt pour celle-ci (par exemple parce qu'il n'a pas terminé le baiser de paix), l'orgue pourra préluder.
- Le nombre d'invocations n'est pas, automatiquement, de 3 ; il doit être réglé sur la longueur du rite. Le texte peut être tropé (c'est-à-dire ; contenant un élargissement à base de textes bibliques tels que ceux de l'Apocalypse) avant l'invocation de l'assemblée.
- On évitera de centrer l'attention sur la paix : ce geste a déjà été fait, normalement. On ne "tuilera" pas sur la finale du chant, par une annonce expliquant la procession de communion.


La Communion

Pendant que le prêtre et les fidèles consomment le sacrement, on chante le chant de communion, pour exprimer l'union spirituelle entre les communiants par l'unité des voix, montrer la joie du cœur, rendre plus fraternelle la procession de ceux qui s'acheminent pour recevoir le corps du Christ.
Le chant est exécuté sort par la chorale seule, soit par la chorale ou le chantre avec le peuple.
Lorsque la distribution de la communion est achevée, le prêtre et les fidèles pourront prier intérieurement. Toute l'assemblée pourra aussi exécuter une hymne.
(PGMR 56)
- Il n'est pas souhaitable de chanter trop tôt (dès le début de la communion). L'orgue peut, avantageusement, jouer par exemple un choral) d'abord,
- Les 3 caractères du processionnal de communion en indiquent assez bien l'esprit. Sans doute a-t-on trop l'habitude de chanter ici sur des thèmes les plus divers...
- Si l'on chante une hymne après la communion, mieux vaudra éviter de programmer alors un (premier) chant de communion. Le moment guidera, pour le choix : a) chant de procession dans le premier cas ou b) hymne dans le second cas.


L'envoi

- En cas de Bénédiction solennelle, l'Amen gagne à être chanté,
- L'assemblée ayant été joyeusement congédiée, il n'est guère sensé de... la retenir pour un " chant de sortie " (comme on disait jadis), sauf cas vraiment exceptionnel.
- L'habitude, prise en certains lieux, de chanter ici un "chant à la Vierge" ne semble pas très heureuse. Si l'on y tient toutefois, peut-être pourra-t-on placer cette Antienne mariale avant le renvoi du célébrant. Le Magnificat, chanté comme hymne après la communion, peut jouer ce double rôle, et sera alors bien à sa place.
- La meilleure solution, pour l'envoi, sera sans doute :
- soit de donner le dernier mot à l'orgue, pour une sortie festive
- soit de laisser chanter la chorale (accompagnée d'instruments éventuels).

 

Enfin, n'oubliez-pas

- de faire revoir à l'assemblée, phrase par phrase, tel ou tel chant moins connu (un chant ou deux, pas plus) ;
- de prendre le ton, le mouvement, le rythme (précis) donnés par l'organiste, et de les garder. Ne pas croire que le fait de donner un mouvement très lent à un chant le rend automatiquement plus "priant" ;
- de respecter les partitions, mais aussi de savoir les "exploiter" (bien choisir les couplets, par exemple, et non pas les enchaîner servilement) ;
- de ménager des "respirations" (et de ne jamais "tuiler" un chant sur un autre, ou une parole sur un chant, ou une parole sur un morceau d'orgue, etc.) ;
- La réverbération finale d'une musique fait partie de la musique elle-même, (Sacha Guitry n'affirmait-il pas : "Même, le silence qui suit une œuvre de Mozart est toujours de Mozart.).

 

Lire la Parole de Dieu

(D'après le livre "L'expression orale dans le culte - Lecture et prédication" d'Alain Combes)
Dire à haute voix le texte biblique devant un auditoire, c'est "s'associer" activement à ce que dit le texte, c'est devenir des "communicateurs de la Parole de Dieu".

"DIRE LA PAROLE" est autant une immersion dans la richesse du texte biblique que l'apprentissage d'une communication vivante de la Parole.

Trouver ou retrouver le goût du texte biblique et de sa force d'évocation pour nous et pour les autres.
Comprendre soi-même.

Si l'on est convaincu de la force et de la richesse du texte biblique, de l'intérêt du message et de sa puissance d'appel, on n'aura pas pour but de "rendre vivante" la Parole de Dieu, mais surtout de se tenir disponible pour qu'elle nous rende vivants et, du coup, que nous "résonnions cette Parole ".
Il semble donc important de se mobiliser pour travailler l'expression orale comme on le fait d'un instrument de musique qui doit être au service d'une œuvre.
Il est vrai que, curieusement un lecteur (par exemple) est souvent gêné d'avoir "buté" où "accroché" sur un mot du texte, il se reprend vivement, un peu vexé, sans se rendre compte de défauts bien plus importants de sa lecture :
       - Volume trop faible, articulation déficiente.
       - Rapidité du débit, absence de pauses ou pauses mal placées.
       - Phrases coupées en deux ou, à l'inverse, enchaînement intempestif de deux phrases qui n'ont aucun lien entre elles.
       - Intonations indispensables au sens qui sont omises où absentes.
       - Monotonie du phrasé qui supprime tout repère et qui "tue" l'attention de l'auditeur.
       -"Ton" artificiel (solennel, affecté, ampoulé.)

Être entendu et compris. Je veux dire par là qu'une lecture qui n'est ni normalement audible ni intelligible est non seulement mutile mais dangereuse. En effet, une mauvaise lecture confirme certains auditeurs dans leurs préjugés : les textes bibliques paraissent encore plus obscurs et "loin de nous".
       - un travail d'expression orale nous conduit à ne pas dire par notre phrasé, le contraire de ce que dit ou évoque le texte.
       - Au mieux notre travail doit nous conduire à laisser entendre aux auditeurs ou à l'assemblée les sentiments, émotions, intentions que le texte porte.
         Cela dit, deux écueils nous guettent :
              o Jouer les sentiments ou faire étalage d'émotions.
                 Plutôt que de "jouer" les sentiments, il est plus riche de "porter" les sentiments, de les "présenter" pour qu'ils soient perçus par ceux qui écoutent.
              o Gommer toute expression au nom d'une pudeur qui ne serait que du trac ou qu'une difficulté personnelle à communiquer.
                 C'est la tendance la plus fréquente.

On craint parfois l'habileté prétentieuse d'un lecteur qui vient pour faire admirer son talent plus que pour servir. Une certaine sobriété est de règle, mais méfions-nous de confondre sobriété et pauvreté. L'attitude intérieure doit être claire et saine : je suis là pour servir et non pour me servir, et la joie du service viendra justement de cette position.
D'autre part, pour certains "minimalistes" la moindre parcelle de "naturel" ou de "vivant" dans la lecture est signe de prétention, le simple fait de se proposer pour lire étant d'ailleurs suspect.

Une lecture souple et proche de la langue parlée n'est pas obligatoirement une sorte de délire d'expressivité où le lecteur clame le texte en s'agitant. Bien entendu, celui qui lit la Parole de Dieu devant un auditoire n'a pas pour mission de jouer le texte, mais il ne doit pas non plus égrener une succession de mots. Le texte lu porte un sens, il le porte au travers des mots, mais aussi au travers des intonations de base (question, exclamation, affirmation, énumération, ouverture à une suite, fin d'une idée ou d'une séquence), des pauses, des silences, du rythme, de l'articulation, de la respiration, etc.

L'intensité expressive de la lecture peut varier et aller de la simplicité à l'exagération. Mais une lecture "froide" non expressive et très déclamée peut d'une autre manière être déplacée.
Donc, si la lecture biblique n'est pas un acte théâtral, elle peut être pourtant une ré-présentation du texte. L'étymologie de ce mot ("représenter" signifiant "rendre présent") montre bien que pour "rendre présent" un texte il faut en présenter son contenu de telle sorte que toutes les composantes du sens soient perceptibles. Il semble donc qu'un lecteur qui accompagne le contenu d'un texte en vivant les distances et les proximités que suggère le texte, et qui le fait de manière sobre, tenant compte de l'endroit et du moment où il fait sa lecture, ce lecteur-là ne se met pas "devant la Parole" et ne prend pas "la place de la Parole ". D'ailleurs, pour être transparent (si c'est ce que l'on cherche) il vaut mieux se fondre et coller aux nuances du texte que de se poser en bloc monolithe, lourd et du coup, très visible.


Les 4 piliers de l'oralité

Dans la lecture ou la prise de parole en public, la première nécessité est de faire entendre des sons, la deuxième c'est qu'à travers les sons on entende les mots, la troisième c'est que l'on comprenne la façon dont ils sont organisés, donc que l'on comprenne le sens du texte. La dernière nécessité est que les auditeurs écoutent, autrement dit que leur attention soit retenue par la manière de parler. On ne peut faire l'économie d'aucune de ces quatre nécessités.

1 - Faire entendre les sons

Une défaillance de la respiration, une mauvaise utilisation de la voix donnent un volume trop faible qui empêche que les sons même soient audibles.
On devra donc travailler :
       - La respiration
       - La voix
       - Le volume

2 - Faire entendre les mots

Si l'articulation est embarrassée ou molle, si l'énergie nécessaire à la projection des mots est mal gérée, il est difficile de reconnaître certains mots.
Il faudra entraîner :
       - L'articulation
       - La dynamique de la voix

3 - Faire comprendre le sens du texte

Des mots audibles et distincts ne permettent pas de comprendre le sens du texte si l'on ne peut pas repérer les phrases, leurs rapports entre elles et les intentions portées par les intonations et la ponctuation.
Il sera nécessaire de travailler :
       - La ponctuation orale essentielle

4 - Retenir l'attention

Un débit monotone, l'absence de repères visuels, font à la longue décrocher l'attention de l'auditeur. Son intérêt s'éteint, sa pensée s'évade, il n'entend plus rien de ce qui est dit.
On pourra apprendre à gérer :
       - La ponctuation orale complémentaire
       - Les déplacements et la position dans l'espace
       - La posture, les gestes, les regards, qui peuvent éteindre ou susciter l'attention